Oubliez deux secondes les cartes postales saturées de l’Algarve ou les petites criques bondées de l’Arrábida où l’on se bat pour poser sa serviette. Si vous cherchez le « vrai » Portugal atlantique, sauvage, un peu brut de décoffrage mais incroyablement beau, c’est vers le Meco qu’il faut rouler.
À 40 minutes de Lisbonne, juste à côté de Sesimbra, ce n’est pas juste une plage. C’est une institution.
On l’appelle « Meco », mais pour être précis – et pour que votre GPS ne vous perde pas dans la pinède – son vrai nom officiel est Praia do Moinho de Baixo. Mais peu importe l’étiquette : ici, on vient chercher de l’espace. Beaucoup d’espace.

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ToggleL’arrivée : la claque visuelle
Ce qui frappe quand on débarque ici, ce n’est pas la mer, c’est la lumière. Contrairement aux plages encaissées du coin qui perdent le soleil à 16h, le Meco est un immense plateau de sable ouvert plein ouest.
Le décor ? Minimaliste. Des dunes fragiles qu’on traverse sur des pontons de bois, une pinède qui sent fort la résine chaude en été, et l’océan. L’Atlantique, le vrai, celui qui ne fait pas semblant. Soyons clairs : l’eau y est fraîche, souvent froide, et les vagues peuvent être costaudes. On est loin de la baignade tranquille de Méditerranée, et c’est exactement ça qui est bon. C’est vivifiant.
Aldeia do Meco : bien plus qu’un village étape
Avant (ou après) la plage, il y a le village. L’Aldeia do Meco n’a rien d’un village de pêcheurs classique. C’est un hameau rural devenu, au fil des années, le repaire des Lisboètes branchés et des amateurs de bonne bouffe.
Le rituel est immuable : on s’attable en terrasse pour le « peixe grelhado » (poisson grillé). Ici, le bar ou la dorade sortent directement des braises. Pas de chichi, juste du produit frais. L’ambiance est particulière, un mélange de ruralité tranquille et de chic décontracté. On y trouve aussi quelques villas cachées et des chambres d’hôtes discrètes, parfaites si vous voulez éviter les gros hôtels sans âme.
Une plage, deux ambiances (et zéro jugement)
C’est le sujet qui revient toujours quand on parle du Meco : le naturisme. Alors, mettons les choses au point. Oui, le Meco est le berceau historique du naturisme au Portugal. C’est ici, dans les années 70, que la jeunesse venait chercher un vent de liberté.
Mais n’ayez pas peur, rien n’est imposé. La plage est tellement gigantesque qu’elle se divise naturellement :
- Côté Nord (près des parkings et du bar) : C’est la zone « textile », familiale, classique. On y vient avec les enfants, les parasols et les glacières.

- Côté Sud (vers la grande dune d’argile) : C’est le domaine historique des naturistes.

La cohabitation ? Elle est parfaite. C’est probablement l’endroit le plus tolérant de la côte. Personne ne se regarde, tout le monde profite. Si vous marchez vers le sud pour vous isoler, vous croiserez sûrement des naturistes, et ça fait partie de l’ADN du lieu.
Qu’est-ce qu’on y fait vraiment ?
Honnêtement ? On déconnecte. Mais pour ceux qui ont la bougeotte :
- Le Surf : Moins « guerre de territoire » qu’à Caparica. Les vagues sont belles, le line-up est détendu.
- La balade du soir : C’est sans doute le meilleur spot du district de Setúbal pour le coucher de soleil. Le soleil tombe pile dans l’eau.
- Le Cap Espichel : Il est juste à côté. Les falaises y sont vertigineuses, l’ambiance un peu mystique avec son vieux sanctuaire. Ça vaut les 10 minutes de voiture supplémentaires.
Le point « galère » (parce qu’il y en a un)
L’accès. En été, c’est la rançon du succès. Si vous venez en voiture – ce qui est hautement recommandé vu la rareté des bus – les parkings se remplissent vite. Très vite. Mon conseil ? Évitez l’heure de pointe (11h-13h). Venez tôt le matin pour profiter du calme absolu, ou alors visez la fin d’après-midi, vers 17h, quand les familles commencent à remballer. C’est là que la lumière est la plus belle de toute façon.
En bref
Le Meco, c’est la plage sauvage par excellence. On y va pour se sentir petit face à l’océan, pour manger divinement bien au village, et pour cette sensation rare d’avoir des kilomètres de sable rien que pour soi, même un 15 août.
Une valeur sûre, authentique, qui n’a pas volé sa réputation.




